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Question écrite n° 14520 · 17e législature

Coupures d'eau à Mayotte

Anchya Bamana (RN) → Outre-mer

La question en bref

La députée alerte sur les coupures d'eau persistantes à Mayotte, où les habitants subissent des interruptions prolongées dues à des capacités de production insuffisantes et un réseau fragilisé. Elle demande les mesures concrètes et immédiates du Gouvernement pour cesser cette situation.

La réponse en bref

Le ministère reconnaît un déséquilibre entre capacité de production (39 000 m³/jour) et demande (47 500 m³/jour), maintenant des tours d'eau distribuant l'eau 36h sur 72h. Il annonce le Plan Eau Mayotte 2024-2027 avec 65-75 M€ annuels, incluant une deuxième usine de dessalement (10 000 m³/jour fin 2027) et une troisième retenue collinaire (mise en service 2032).

Député
Anchya Bamana (RN)
Rassemblement National
Ministère interrogé
Outre-mer
Question publiée au JO
21/04/2026
Réponse publiée au JO
25/08/2026 (126 jours après)
Rubrique
Outre-mer

Texte de la question

Mme Anchya Bamana alerte Mme la ministre des outre-mer sur la persistance des coupures d'eau à Mayotte. Le 1er avril 2026, un habitant privé d'eau pendant plus de 48 heures s'est rendu dans les locaux de la SMAE (Société mahoraise des eaux) pour s'y laver, afin de dénoncer publiquement ces interruptions répétées. Cet épisode illustre une situation qui perdure malgré les engagements pris. Aujourd'hui, les habitants de Mayotte subissent encore des coupures prolongées, en raison de capacités de production insuffisantes et d'un réseau de distribution fragilisé. Cette situation compromet l'accès à un service vital et a des conséquences épidémiologiques sanitaires. Le manque d'eau bloque tout simplement la vie à Mayotte. Elle lui demande donc ce que le Gouvernement entend prendre comme mesures concrètes et immédiates pour faire cesser ce scandale insupportable et la situation que subissent les citoyens français de Mayotte.

Texte de la réponse

L'accès permanent à l'eau potable de l'ensemble de la population mahoraise est une priorité du Gouvernement. L'article L. 2224-7-1 du CGCT pose le principe d'une compétence des communes en matière de distribution d'eau potable. Les 17 communes du département ont délégué la mission de production et de distribution d'eau potable et assainissement collectif à un syndicat unique, Les Eaux de Mayotte (LEMA). Mayotte est le département français qui dispose des réseaux d'eau potable les plus récents, puisque ceux-ci ont été développés en grande partie depuis les années 80 et remis à niveau dans les années 2010 pour une population de 150 000 habitants. Ce réseau dessert aujourd'hui une population estimée à 320 000 habitants, dont la progression s'accélère. 30 % de la population ne dispose pas de l'eau courante. 58% de l'eau est issue de l'eau de surface, 31% des forages, 11% de la désalinisation. Les capacités de production augmentent mais le déséquilibre entre capacité de production (39 000 m3/jour) et demande (47 500 m3/jour) demeure : les tours d'eau (coupures d'eau) sont maintenus avec actuellement de l'eau distribuée en moyenne 36h sur une période de 72h. La production d'eau potable est assurée par cinq stations de traitement des eaux douces de surface et souterraines en Grande Terre et une unité de dessalement de l'eau de mer en Petite Terre. L'eau de surface provient des deux retenues collinaires de DZOUMOGNE et COMBANI. Le rechargement est lié aux précipitations, essentiellement celles de la saison des pluies. Des pluies moins abondantes lors d'une saison des pluies conduisent ainsi à des restrictions de prélèvement et de distribution d'eau potable. Le changement climatique a conduit certaines de ces dernières années à des périodes de moindre disponibilité d'eau potable et à la mise en place de tours d'eau.  Le « Plan Eau Mayotte 2024-2027 » illustre l'engagement de l'Etat sur des compétences relevant normalement des collectivités locales pour permettre une production d'eau potable et des dispositifs d'assainissement suffisants.  Le plan 2028-2031 est en cours de préparation. Le plan eau Mayotte comporte trois volets complémentaires : - Investissement (eau potable/assainissement) ; - Amélioration de l'ingénierie et amélioration de la connaissance ; - Adaptation au changement climatique. Ont été engagés par l'Etat au titre du plan eau Mayotte 65 M€ en 2024, 70 M€ en 2025, et il est prévu d'engager 75 M€ en 2026 (65 M€ au titre du plan eau et 10 M€ du CCT), qui pourront être complétés par des crédits de l'OFB (Office français de la biodiversité). Le PITE a acté les crédits pluriannuels en lien avec la loi de programmation pour la refondation de Mayotte du 11 août 2025 (730 millions jusqu'en 2031). Un financement à hauteur de 65 M€ a été validé pour 2026. Les moyens humains précités dévolus à ces missions (DEALM, CEREMA, expert auprès du préfet) participent également de l'appui de l'État aux collectivités. Cet engagement fort de l'État permet la réalisation en cours de projets majeurs dont l'objectif est la fin progressive des restrictions d'accès à l'eau potable, notamment la construction d'une deuxième usine de dessalement à Ironi Bé (gain escompté de 10 000 m3/jour fin 2027 lors de sa mise en service, 16 000 m3/jour au maximum à terme) et la construction d'une troisième retenue collinaire, à Ourovéni dont l'objectif est de stocker 3 millions de m3 (mise en service opérationnelle prévue en 2032). En cas de difficulté à assurer une distribution d'eau potable supérieure aux standards de distribution actuels (eau potable distribuée 50 % du temps), des mesures d'urgence (par exemple la distribution de bouteilles d'eau) peuvent par ailleurs être prises. Le volet "eau" du plan ORSEC est en voie d'achèvement (prévu fin juillet 2026).

Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.

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