La députée alerte sur la prolifération massive des écrevisses américaines invasives dans les cours d'eau de l'Avesnois, causant des déséquilibres écologiques majeurs et la disparition d'espèces locales. Elle demande quelles mesures d'urgence le Gouvernement envisage et si un plan d'aide aux collectivités sera mis en œuvre.
La réponse en bref
Le ministère reconnaît la préoccupation et confirme que ces espèces sont réglementées comme exotiques envahissantes. Il annonce un renforcement des moyens de détection et d'intervention via la stratégie biodiversité 2030, des actions coordonnées avec les agences de l'eau et collectivités, et un dispositif de soutien financier via le Fonds vert pour les opérations de gestion.
Député
Sandra Delannoy (RN) Rassemblement National
Ministère interrogé
Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Ministère qui répond
Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Question publiée au JO
29/04/2025
Réponse publiée au JO
02/12/2025 (217 jours après)
Rubrique
Biodiversité
Texte de la question
Mme Sandra Delannoy alerte Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur les conséquences écologiques et économiques de la prolifération massive des écrevisses américaines dans les cours d'eau du département du Nord et plus particulièrement dans l'Avesnois. Lors d'une opération récente à Choisies, près de 1 200 écrevisses envahissantes ont été extraites en quelques heures de l'Helpe Majeure, confirmant une situation alarmante. L'écrevisse de Louisiane et l'écrevisse signal (Faxonius limosus) ont colonisé de nombreux milieux aquatiques de l'Avesnois, causant des déséquilibres majeurs dans les écosystèmes. Les conséquences sont nombreuses : disparition totale de l'écrevisse à pattes blanches dans le département, selon les études de la Fédération de pêche du Nord ; appauvrissement de la biodiversité, du fait du comportement agressif et de l'alimentation vorace des écrevisses invasives ; dégradation physique des berges par leurs terriers, accentuant l'érosion et l'envasement des zones de reproduction naturelles, notamment pour la truite fario ; risque sanitaire majeur, ces écrevisses étant porteuses de la peste de l'écrevisse, une maladie mortelle pour les espèces locales. La capacité de reproduction fulgurante de ces espèces est aussi préoccupante : une seule femelle peut pondre entre 200 et 700 œufs plusieurs fois par an, engendrant jusqu'à 2 tonnes d'écrevisses par hectare. Malgré les initiatives locales, souvent portées par des associations de pêche ou en partenariat avec le Parc naturel régional de l'Avesnois, les moyens humains et financiers restent largement insuffisants. Ainsi, elle souhaite savoir quelles mesures d'urgence le Gouvernement envisage pour lutter contre cette prolifération invasive dans les cours d'eau du Nord, notamment dans l'Avesnois ; s'il est prévu de simplifier les procédures de piégeage et d'en encourager la pratique citoyenne sous encadrement ; et si un plan d'aide aux collectivités impactées sera mis en œuvre pour restaurer les milieux naturels et préserver la biodiversité locale aujourd'hui gravement menacée.
Texte de la réponse
L'attention du Gouvernement a été appelée sur la prolifération préoccupante des écrevisses américaines dans les cours d'eau du département du Nord, et en particulier dans le secteur de l'Avesnois. La préoccupation quant aux conséquences écologiques et économiques de cette situation est partagée. Les espèces évoquées, actuellement réglementées comme espèces exotiques préoccupantes pour l'Union européenne, sont considérées parmi les espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles à la biodiversité aquatique européenne. Leurs impacts sont avérés et inquiétants. Le Gouvernement est engagé dans la lutte contre les espèces invasives. La stratégie nationale biodiversité 2030 prévoit un renforcement des moyens de détection, de surveillance et d'intervention contre ces espèces. Concernant spécifiquement les écrevisses invasives, des actions coordonnées avec les agences de l'eau, les parcs naturels régionaux, les fédérations de pêche, les associations de pêcheurs professionnels, et les collectivités locales sont encouragées. Concernant les opérations de capture, elles doivent intervenir dans un cadre réglementé, afin de faciliter les opérations de gestion, tout en garantissant leur efficacité et leur sécurité sanitaire : pas de remise à l'eau de spécimens vivants (femelles grainées, juvéniles par exemple), mise à mort des animaux dès leur capture (le transport de spécimens vivants étant interdit sauf dérogation). Les espèces exotiques d'écrevisses peuvent être pêchées du deuxième samedi de mars au troisième dimanche de septembre inclus dans les eaux de la première catégorie piscicole (c'est-à-dire celles qui sont principalement peuplées de truites ainsi que celles où il paraît désirable d'assurer une protection spéciale des poissons de cette espèce), et toute l'année dans les eaux relevant de la 2e catégorie piscicole. Enfin, un dispositif de soutien spécifique aux acteurs locaux confrontés à des espèces exotiques envahissantes est opérationnel, via le Fonds vert, en permettant de financer des opérations de gestion. Le dossier de demande de financement est à déposer sur le site « Démarches simplifiées » (https://www.demarches-simplifiees.fr/procedures), au niveau de la rubrique « accompagnement de la stratégie nationale biodiversité 2030 », réduction des pressions : lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.
Christine Engrand (NI) → Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
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