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Question écrite n° 9200 · 17e législature

Prolifération préoccupante du silure glane

Thierry Tesson (RN) → Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche

La question en bref

Le député constate la prolifération du silure glane dans les milieux aquatiques de sa circonscription, menaçant l'équilibre écologique et l'anguille européenne. Il demande quelles mesures l'État envisage pour réguler cette espèce et soutenir les collectivités et associations locales.

La réponse en bref

Le ministère confirme l'impact du silure sur les poissons migrateurs. Un décret inscrivant le silure sur la liste des espèces causant des déséquilibres biologiques a été présenté au comité national de l'eau en février 2026 pour les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne. Les préfets peuvent organiser des pêches de régulation utilisant trois engins sélectifs testés depuis 2021, notamment près des obstacles migratoires et des frayères.

Député
Thierry Tesson (RN)
Rassemblement National
Ministère interrogé
Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Ministère qui répond
Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Question publiée au JO
05/08/2025
Réponse publiée au JO
10/02/2026 (189 jours après)
Rubrique
Biodiversité

Texte de la question

M. Thierry Tesson attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur la prolifération préoccupante du silure glane (Silurus glanis) dans les milieux aquatiques de la 17ème circonscription du Nord. Ce poisson prédateur, originaire d'Europe centrale, colonise de manière massive et rapide les rivières, canaux, marais et plans d'eau du territoire. Dans le Douaisis, la vallée de la Scarpe, le canal de la Sensée, les marais de Flers-en-Escrebieux, les plans d'eau de Courchelettes et Raimbeaucourt, mais également dans les communes de l'Arleusis, au cœur du réseau de zones humides et de confluences. Partout, les acteurs de terrain constatent une explosion des populations de silures avec des conséquences inquiétantes sur l'équilibre des milieux aquatiques. Le silure, en l'absence de prédateurs naturels à l'âge adulte, exerce une pression prédatrice forte et multiforme : poissons, amphibiens, oiseaux aquatiques et même petits mammifères. Sa prolifération non contrôlée contribue à déséquilibrer les écosystèmes, à mettre en péril des espèces fragiles et notamment l'anguille européenne (Anguilla anguilla), déjà classée en danger d'extinction. Les eaux de la circonscription sont aujourd'hui littéralement infectées par cette espèce dont la progression semble hors de contrôle. Les pêcheurs et les associations de protection de la nature tirent la sonnette d'alarme. Il est donc urgent d'agir pour sélectionner, isoler et freiner le développement du silure dans les zones sensibles, en particulier dans les marais et confluences du secteur d'Arleux. Il lui demande donc quelles mesures sont envisagées pour encadrer strictement la gestion du silure, en particulier dans les territoires à forte valeur écologique comme l'Arleusis, et si des programmes de prélèvement, de suivi scientifique et de régulation ciblée sont prévus en lien avec l'Office français de la biodiversité, les agences de l'eau et les structures locales. Il l'interroge aussi sur la manière dont l'État compte soutenir les collectivités locales, les syndicats de rivière, les associations et les fédérations de pêche confrontés à cette prolifération qui menace gravement la biodiversité et l'équilibre des milieux aquatiques de la circonscription.

Texte de la réponse

Le silure glane, originaire d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, s'est propagé sur la quasi-totalité du réseau hydrographique de la France hexagonale. L'impact du silure sur les poissons migrateurs amphihalins, c'est-à-dire vivant alternativement dans les eaux douces et dans les eaux salées, est désormais incontestable au vu des études scientifiques. Des constats similaires sont dressés dans les autres pays d'Europe où le silure a été introduit. Afin d'y remédier, un décret inscrivant le silure, dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, sur la liste des espèces susceptibles de causer des déséquilibres biologiques a été présenté au comité national de l'eau (CNE) le 11 février. Cette évolution du statut réglementaire du silure rendra plus lisible l'action de l'Etat. Sur le fondement de l'article L. 436-9 du code de l'environnement, les préfets peuvent organiser des pêches visant à réduire la prédation exercée par le silure. Des expérimentation dans les bassins de la Garonne et de la Dordogne depuis 2021 ont permis de conclure que trois engins sont à la fois efficaces pour capturer des silures et sélectifs, c'est-à-dire qu'ils permettent d'éviter les prises accessoires : le filet tramail à mailles carrées de 135 mm de côté, le piège de type « verveux » à mailles carrées de 27 mm minimum de côté et la ligne de fond (ou « cordeau »). Les trois engins sont également complémentaires, chacun étant adapté à un contexte particulier (salinité, courant, etc.). Ces pêches ont vocation à être organisées à proximité des obstacles à la migration, ainsi qu'à proximité des frayères à aloses, car le mode de reproduction particulier de ces espèces (« bulls ») les rend alors particulièrement vulnérables aux attaques de silures. Le suivi de l'évolution du statut réglementaire du silure et de son effet sur l'équilibre des milieux aquatiques permettra d'en vérifier la pertinence et, le cas échéant, d'en envisager l'extension à d'autres bassins.

Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.

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