Description du poste
Les rivières abritent une forte biodiversité et fournissent des services écosystémiques essentiels. Néanmoins, ces milieux sont menacés par différentes pressions telles que l’enrichissement en nutriments, pouvant aboutir au phénomène d’eutrophisation, récurrent dans les rivières bretonnes. Parmi les conséquences de l’eutrophisation, la baisse de la diversité des microalgues et l’occurrence de blooms de certaines espèces menacent les activités humaines.
Nous savons grâce à des travaux sur le phytoplancton en milieu lentique (lac, étang, mer) que des apports pulsés de nutriments permettent de maximiser la diversité par rapport à un apport constant, et ainsi de limiter les blooms (notion de perturbation intermédiaire). Néanmoins, nous manquons d’études scientifiques sur la réponse des communautés de périphyton de rivière à des pulses de nutriments.
Les rejets de stations d’épuration représentent une opportunité pour combler ce manque de connaissances car ils constituent des sources ponctuelles bien identifiables et non négligeables de nutriments pour les rivières. De plus, avec le changement climatique, les stations d’épuration soutiennent de plus en plus le débit d’étiage des petits cours d’eau. Si l’eau est rejetée de manière pulsée, cela pourrait représenter une perturbation intermédiaire et permettrait potentiellement d’augmenter la diversité du périphyton. Enfin, la densité de stations d’épuration est forte en Bretagne (une pour 24 km²), ce qui en fait un potentiel levier d’action pour lutter contre l’eutrophisation des rivières en contexte de changement climatique.
L’objectif du stage est d’étudier la réponse des communautés de périphyton de rivière à des pulses de nutriments provoquées par les rejets d’une station d’épuration. Le cas d’étude sera une petite rivière en contexte mixte agricole-urbain à l’ouest de Rennes, en Bretagne.
L’approche expérimentale consistera à déplacer des supports artificiels colonisés par du périphyton d’amont en aval du rejet de la station d’épuration pour simuler un changement de fréquence des rejets. 5 fréquences différentes seront testées in-situ. La qualité de l’eau ainsi que la biomasse de périphyton et sa composition seront mesurées avec des sondes et par des analyses de laboratoire. L’identification des espèces sera réalisée par un bureau d’études.
Ce stage s’intégrera dans le projet de thèse d’un doctorant en écologie aquatique, mené en étroite collaboration avec le service assainissement de Rennes Métropole et qui vise à évaluer le rôle que peuvent jouer les rejets de stations d’épuration dans l’amélioration de l’état écologique des cours d’eau en contexte de changement climatique.
Selon les résultats obtenus, ce stage de recherche constituera une base scientifique sur laquelle la collectivité Rennes Métropole s’appuiera pour modifier la stratégie de rejet de ses stations d’épuration.
Aspects pratiques :
- Stage conventionné pour une durée de 6 mois entre février 2027 et août 2027.
- Gratification réglementaire de 4,50€/heure.
- Accueil dans les locaux de l'UMR SAS à Rennes, campus de Villejean.
- Encadrement : Alexandrine Pannard, Rémi Dupas et Tanguy Nardon.
