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Question écrite n° 2966 · 17e législature

Présence préoccupante de tritium dans l'eau du robinet de millions de Français

Gabrielle Cathala (LFI-NFP) → Transition écologique, énergie, climat et prévention des risques

La question en bref

La députée alerte sur la présence de tritium radioactif dans l'eau du robinet de millions de Français, notamment en aval des centrales nucléaires. Elle demande quelles mesures le Gouvernement prend pour surveiller ces rejets et si la France envisage d'abaisser la valeur de référence du tritium.

La réponse en bref

Le ministère indique que les rejets nucléaires sont réglementés par l'Autorité de sûreté nucléaire avec des prescriptions spécifiques par réacteur. La directive européenne fixe le seuil à 100 Bq/L pour le tritium. En France, plus de 10 000 analyses annuelles sont réalisées et aucun dépassement n'est observé actuellement.

Député
Gabrielle Cathala (LFI-NFP)
La France insoumise - Nouveau Front Populaire
Ministère interrogé
Transition écologique, énergie, climat et prévention des risques
Ministère qui répond
Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Question publiée au JO
24/12/2024
Réponse publiée au JO
23/12/2025 (364 jours après)
Rubrique
Pollution

Texte de la question

Mme Gabrielle Cathala alerte Mme la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risquessur la présence préoccupante de tritium, un élément radioactif rejeté par les installations nucléaires, dans l'eau du robinet de millions de Français. Selon des analyses réalisées entre 2016 et 2024, plus de 2 300 communes françaises, principalement situées en aval des 18 centrales nucléaires du territoire, sont concernées par cette contamination radioactive. Ces eaux, prélevées dans des cours d'eau comme la Seine, la Loire, le Rhône ou la Garonne, desservent environ 10 millions de personnes, soit près d'un Français sur sept. À titre d'exemple, une concentration record de tritium a été relevée en mars 2017 à Châtellerault et Naintré, dans le département de la Vienne : 65 becquerels par litre. Un niveau qui, s'il demeure sous le seuil réglementaire de 100 Bq/L, suscite des interrogations concernant les risques sanitaires de long terme. La région parisienne et les communes desservies par l'eau de la Seine sont particulièrement concernées : 2,2 millions de personnes concernées à Paris, 1,5 million dans les Hauts-de-Seine, 1,3 million dans le Val-de-Marne, 1 million dans l'Essonne. Les réacteurs EPR actuels et le projet de construction de nouveaux réacteurs EPR2 à Gravelines soulèvent des inquiétudes supplémentaires, car leur puissance accrue pourrait augmenter significativement la quantité de tritium rejetée dans l'eau potable. Or le tritium, en se diffusant dans l'organisme, abîme l'ADN, cause des dégâts physiologiques et augmente les risques de cancers, ainsi que l'ont démontré les travaux des chercheurs Thimothy Mousseau et Sarah A. Todd de l'université de Caroline du Sud. Mme la députée s'interroge sur les mesures prises par le Gouvernement pour garantir une stricte surveillance des rejets de tritium dans les eaux potables. Elle demande également si l'État s'est assuré qu'EDF prévoit des alternatives technologiques pour réduire ces rejets et si des efforts de sensibilisation et de formation sont prévus pour les personnels en charge de ces infrastructures. Elle souhaite enfin savoir si la France envisage d'abaisser la valeur de référence du tritium à 20 Bq/L, en cohérence avec la résolution législative du Parlement européen du 12 mars 2013 « Substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine ».

Texte de la réponse

Les rejets des installations nucléaires sont réglementés et surveillés par le ministère chargé de la sûreté nucléaire, en lien étroit avec l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Chaque réacteur nucléaire fait l'objet de prescriptions de l'ASNR fixant les limites d'activité annuelle rejetée en tritium ainsi que les limites de concentration en agents chimiques rejetés dans l'environnement des effluents liquides et gazeux. Ces prescriptions sont par ailleurs soumises à homologation via un arrêté signé par le ministre chargé de la sûreté nucléaire, conformément à l'article L. 593-10 du code de l'environnement. Les exigences pour la protection de la santé de la population en ce qui concerne les substances radioactives dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) sont fixées par la directive 2013/51 Euratom dite « normes de base ». Pour le tritium, cette directive fixe une valeur paramétrique de 100 Bq/L et des fréquences minimales d'analyses dans les EDCH. La directive prévoit que cette valeur peut être actualisée à la lumière des progrès scientifiques et techniques. Au-dessus de cette valeur, le risque sanitaire doit être évalué et des mesures correctives prises afin d'améliorer la qualité de l'eau jusqu'au retour à la conformité. En France, dans le cadre du contrôle sanitaire effectué par les Agences régionales de santé, plus de 10 000 analyses de tritium sont réalisées chaque année au robinet du consommateur. Aucun dépassement de la valeur paramétrique européenne n'est observé. Le Gouvernement reste vigilant quant à la qualité de l'eau distribué.

Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.

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