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Question écrite n° 4151 · 17e législature

Piscines privées et restrictions d'usage de l'eau potable

Antoine Armand (EPR) → Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche

La question en bref

Le député soulève la croissance du parc de piscines privées en Haute-Savoie et ses impacts sur la disponibilité de l'eau potable, notamment en période de restrictions. Il demande quels outils d'encadrement et de régulation les élus locaux peuvent mobiliser pour prioriser la ressource en eau.

La réponse en bref

Le ministère rappelle que l'article L.211-1 du Code de l'environnement établit les usages prioritaires de l'eau potable. Les préfets peuvent restreindre le remplissage des piscines par arrêté en période de tension hydrique. Les collectivités peuvent adapter leurs documents d'urbanisme et refuser des autorisations d'urbanisme si le projet menace la salubrité publique. Le Plan eau 2023 renforce ces outils par une meilleure connaissance des usages et de la disponibilité en eau.

Député
Antoine Armand (EPR)
Ensemble pour la République
Ministère interrogé
Transition écologique, biodiversité, forêt, mer et pêche
Ministère qui répond
Transition écologique, biodiversité et négociations internationales
Question publiée au JO
18/02/2025
Réponse publiée au JO
13/01/2026 (329 jours après)
Rubrique
Eau et assainissement

Texte de la question

M. Antoine Armand appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche sur l'encadrement de la construction de piscines privées, en particulier dans les territoires fréquemment soumis à des restrictions d'usage de l'eau potable. D'après les travaux de la Fédération des professionnels de la piscine et du spa publiés en 2024, la France compte environ 3,5 millions de piscines sur son territoire. Interpellé par certains élus des communes de Haute-Savoie, inquiets des conséquences de la croissance du parc de piscines privées sur la disponibilité de la ressource en eau potable, il l'interroge sur les réflexions en cours pour mettre à disposition des élus locaux des outils d'encadrement, de régulation et de priorisation de la ressource en eau potable.

Texte de la réponse

Depuis 2022, les enjeux liés à la gestion quantitative de la ressource en eau se sont imposés comme une priorité pour les citoyens et pour les politiques publiques. La gravité de la situation avait conduit plus de 100 communes à recourir à un approvisionnement en eau potable par camions-citernes. Le département de la Haute-Savoie, connaît une croissance démographique soutenue et un fort dynamisme touristique. Entre 2013 et 2019, la population a augmenté de près de 1 % par an, soit l'un des taux les plus élevés de France hexagonale. Cela se traduit par un développement rapide de l'habitat individuel, notamment en zones périurbaines et de montagne, où la construction de piscines privées se développe également. Or, cette dynamique d'augmentation des usages intervient dans un contexte hydrologique contraint. La Haute-Savoie est soumise à des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et à des pics de consommation liés à l'activité touristique. Plusieurs leviers sont déjà mobilisables pour encadrer les usages de l'eau. L'article L.211-1 du Code de l'environnement vient affirmer les usages prioritaires de la ressource (santé, salubrité publique, sécurité civile et alimentation en eau potable) et garantir une gestion équilibrée de la ressource. Dans le cadre de la gestion de crise, les préfets peuvent, par arrêté, restreindre ou interdire le remplissage des piscines privées lors de périodes de tension hydrique. Ces mesures (inscrites dans le guide sécheresse) sont intégrées dans les arrêtés cadres sécheresse et sont adaptées aux réalités locales. Les collectivités disposent de moyens d'action au regard des outils prévus par le droit de l'urbanisme. Lors de l'élaboration ou des procédures d'évolution des documents d'urbanisme, elles doivent veiller à ce que les perspectives d'urbanisation du territoire soient en cohérence avec la ressource disponible, en limitant les nouvelles zones à urbaniser ou en fermant certaines zones à l'urbanisation lorsque le territoire connaît une tension sur la ressource en eau potable. Lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme, si le territoire connaît une tension sur la ressource en eau, l'autorité compétente pourra refuser l'autorisation d'urbanisme en estimant que le projet est susceptible de porter atteinte à la salubrité publique (art. R.111-2 du code de l'urbanisme). Un tel refus doit être fondé sur la situation à la date de la délivrance de permis et le service instructeur doit s'assurer de disposer des éléments techniques à jour concernant la situation de la ressource en eau. Le Plan eau de 2023, renforce les outils des collectivités territoriales pour anticiper les tensions sur la ressource : meilleure connaissance des usages, de la disponibilité en eau (notamment à travers l'étude France stratégie et Explore 2), priorisation en période de crise, et intégration des enjeux de sobriété dans les politiques d'aménagement. Parallèlement, un dialogue est engagé avec les représentants des secteurs économiques dans le cadre des contrats de sobriété des filières, afin de promouvoir des pratiques compatibles avec les objectifs fixés par le plan.

Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.

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