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Question écrite n° 7594 · 17e législature

Accompagnement des agriculteurs ultramarins face au chlordécone

Max Mathiasin (LIOT) → Agriculture, souveraineté alimentaire

La question en bref

Le député souligne que 7 300 hectares agricoles en Guadeloupe et Martinique sont contaminés au chlordécone. Il demande quelles mesures d'accompagnement et de formation sont mises en œuvre pour aider les agriculteurs à réduire les risques de contamination.

La réponse en bref

Le ministère a adapté les formations agricoles dans le cadre du plan chlordécone IV (2021-2027). Deux UCARE ont été créées en Martinique et Guadeloupe pour compléter le brevet professionnel, permettant aux agriculteurs de développer des systèmes de production légumière exempts de chlordécone et d'expérimenter de nouvelles pratiques adaptées aux sols pollués.

Député
Max Mathiasin (LIOT)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires
Ministère interrogé
Agriculture, souveraineté alimentaire
Ministère qui répond
Agriculture, agro-alimentaire et souveraineté alimentaire
Question publiée au JO
17/06/2025
Réponse publiée au JO
02/12/2025 (168 jours après)
Rubrique
Outre-mer

Texte de la question

M. Max Mathiasin appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur les mesures d'accompagnement et de formation des agriculteurs et des pêcheurs ultramarins face aux risques de contamination au chlordécone en Guadeloupe et en Martinique. Les Antilles françaises ont été soumises, de 1972 à 1993, à une pollution durable au chlordécone de leurs sols, de leurs rivières et des milieux marins situés à proximité des bananeraies. L'étude ChlEauTerre, conduite par la direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la Guadeloupe (DAAF), a permis d'identifier 14 200 hectares à risque de contamination au chlordécone, dont environ 7 300 sont utilisés à des fins agricoles. À l'heure où la diversification agricole constitue un impératif pour lutter contre la vie chère et tendre vers l'objectif de souveraineté alimentaire, les solutions de décontamination demeurent insuffisamment explorées. Pourtant, la « stratégie chlordécone » 2021-2027 démontre qu'il est possible de cultiver des denrées non contaminées sur des sols pollués et d'élever des bovins en évitant leur exposition à la contamination. Il lui demande quelles mesures d'accompagnement et de formation des agriculteurs et des pêcheurs ultramarins sont mises en œuvre pour encourager les initiatives de réduction des risques de contamination au chlordécone.

Texte de la réponse

Conscient de la nécessité de former les agriculteurs de Guadeloupe et de Martinique aux enjeux de réduction des risques de contamination au chlordécone, le ministère chargé de l'agriculture a adapté les formations de l'enseignement agricole en conséquence, notamment dans le cadre du plan chlordécone IV (2021-2027). Deux « UCARE » (Unités Capitalisables d'Adaptation Régionale pour l'Emploi) ont ainsi été créées afin de compléter, en Martinique et en Guadeloupe, la certification du brevet professionnel (BP) responsable de l'entreprise agricole (REA). Ces deux UCARE proposent une adaptation régionale aux problématiques particulières des productions agricoles dans des zones polluées par la chlordécone. Cela permet aux personnes en formation de développer la capacité de mettre en place des systèmes de production de légumes adaptés à l'état de contamination de leur sol au chlordécone ainsi que la capacité d'introduire de nouvelles pratiques adaptées à l'état de contamination des sols au chlordécone. La production de cultures légumières, vivrières et maraîchères exemptes de la molécule de chlordécone, ou dont les résidus sont inférieurs à la LMR, est l'objectif visé par l'UCARE « Produire des cultures légumières en sol chlordéconé ». L'UCARE « Introduire de nouvelles pratiques en zone chlordéconée » vise quant à elle la mise en place d'essais et de tests par le responsable de l'entreprise agricole. Le candidat s'acculture à la démarche d'expérimenter dans sa future exploitation agricole, en prenant sa production comme support de test. Il se forme à de nouvelles pratiques dans l'objectif de pouvoir formuler des hypothèses dont il envisage les moyens de vérification, en traçant les taux de chlordécone dans les sols ainsi que dans des échantillons de produits pour suivre l'évolution des taux. La mise en œuvre de ces UCARE permet la constitution d'un réseau local d'agriculteurs engagés dans la démarche collective d'être en capacité de produire en zone polluée par la chlordécone.

Source : Assemblée nationale, données ouvertes (Licence ouverte). Les résumés sont rédigés automatiquement ; seul le texte publié au Journal officiel fait foi. Voir la question sur le site de l'Assemblée nationale.

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